Après quatre nuits à Hambourg, je quitte l’endroit pour ma troisième fois à Berlin. On est loin du périple de départ. Les finances et la fatigue auront eu raison du programme. Et la promesse d’être de retour pour le « fameux » repas de Noël 🎅.

Le train 🚃 : 26 minutes de retard, changement de quai. Un grand merci à ma prof d’allemand de 6ᵉ et 5ᵉ pour les notions de survie 🤣🤣.

4 h de trajet avec changement de train 🚆, accompagnées de Good Bye, Lenin! (en allemand, merci 🙏 YouTube).

Bargteheide : 20 minutes de retard 😰😭😭.

J’enchaînerai inlassablement les retards.

À Bad Kleinen, avec ce retard, choix entre cinq changements ou attendre 1 h 30 sans changement : ce que je ferai.

En mettant mon sac dans la m… 😭😭😭. Mais quelle journée !

Le Deutschlandticket 🎫 permet des économies très importantes, mais impose les trains régionaux.

Ces heures qui n’en finissent pas jusqu’à ma destination permettent de refaire l’historique du lieu.

1989. J’ai 13 ans.

J’écris à mes amis en RFA sans vraiment savoir ce que veulent dire ces trois lettres en bas de l’enveloppe. Puis le Mur tombe… une bride de curiosité.

2003.

Good Bye, Lenin! me bouleverse. La mémoire de l’ex-RDA, la réunification, un monde qui disparaît. Et cette musique de Yann Tiersen.

2020.

Première venue. Début de l’exploration après le Covid. Je ferai quasiment tout ce qui est en lien avec la Seconde Guerre mondiale.

Rappelons que Berlin fait 22 fois Dijon 😲.

2022.

Je reviens, cette fois-ci nourrie de lectures, de films et avec un regard plus conscient sur la DDR (comme ils disent ici). J’ai envie de plus : Alexanderplatz, la Fernsehturm, le musée de la Stasi, l’East Side Gallery, Bernauer Straße, Mauerpark… 😍

2025.

Jamais deux sans trois.

Je dors quartier Mitte, à côté de nouvelle Synagogue ( éclairée de milles bougies ce soir en hommage à Bondi beach)

Mon auberge? la pire où j’aie pu dormir 🛌. Matelas, couette, oreillers terribles.. Heureusement, j’ai mon kit perso. Colocataires argentins et brésiliens, mais je suis prévenue : ils ronflent tous très fort 😭😭. ( 4 nuits 35 euros🥹🙃)

Berlin décembre 2025

Ma première nuit à Berlin? une expérience sensorielle . Entre ronflements et parfums de savon l’horreur .

8h30 levée , je file m’habiller, dans le seul toilette/salle de bain pour 10 chambres (de 6). La joie du collectif. J’explose ma bouteille de deo.., et là pas de papier pour ramasser et…pas de papier.

Petit dej au son de France Gall et Sylvie vartan. Nuit à 10 euros petit dej à 10 euros ( sans moi ).

9h : achat d’une bouteille d’eau vegan (si toi non plus tu ne comprends pas, rassure-toi, moi non plus). Cap sur Ravensbrück, le mémorial du camp :130 000 femmes déportées (résistantes, opposantes politiques, juives, tziganes, « asociales »)..,Une visite bouleversante. Le chemin entre la gare et le mémorial est resté le même. Et il n’est que 13h, déjà 9 km dans les jambes.

Un petit passage à l’East Side Gallery s’impose une sorte de pèlerinage obligatoire.

À 15h30, la nuit tombe déjà sur Berlin.

16h : la nuit arrive, mon moral en prend un coup. Je tente de me consoler avec un sandwich au poulet à 2,44 €. Une seconde expérience sensorielle de type “Hot Ones”, version allemande.

l’exploration gastronomique continue : currywurst chez Konnopke’s Imbiss, LE lieu historique source fiable

17h, nuit noire, évidemment. Un petit tour au marché de Noël de Potsdamer Platz pour se remonter le moral.

Pour finir, balade dans le quartier d’Anne Frank, puis un café à Alexanderplatz. J’enchaîne avec un marché de Noël magnifique.

Et après plus de 20km, retour à l’auberge.

Douche enfin. Et là Carte HSet me voilà , en serviette à l’accueil le ridicule.J’adore.

Nuit désastreuse, évidemmentencore.

Mon coloc hier soir : entre concert de cris et mouvements brusques Déstabilisant ? Non. Traumatisant.une version allemande de Gilles de la Tourette.

À 3h, le coloc du dessous rentre, parfumé à la currywurst après son service. Un bonheur olfactif indescriptible. Une petite insomnie s’ensuit, le temps que mon cerveau accepte (ou oublie) cette odeur .

9h je descends de mon échelle, glisse sur le sac, du plus gros ronfleurs des 5 . Direction salle de bain 1 : occupée, 2 idem, 3 inondée. Apothéose du chaos? Toilette pas de papier .

C’est parti pour une petite rando « souvenirs »: reishtag, mémorial, Check point Charlie…histoire de me réconcilier avec ma matinée.

Un petit café chez Coffee fellow, une sorte de starbucks plus cosy. Bonus : une cabine téléphonique convertie en mini salle de danse et karaoke.

Objectif du jour : dégoter une place dans le légendaire Train de Noël du S-Bahn, en service depuis 1928. Classe 3, ambiance Titanic low-cost. .Le père noel est là, les enfants chantent : O Tannenbaum, Kling, Glöckchensi le soleil accompagne à merveille ce voyage tout ce qui est bon à vendre également ( puzzles, magnets, totebag, gateaux…)

Fin de séjour = presque fin de budget, donc optimisation maximale.. Ce sera balade côté zoo de Berlin. Quelques station de tram photogénique et 2 sandwich à 3 euros et 18 km plus tard retour à l’auberge .

Douche, ah la douche Il faut appuyer sur le bouton pour que l’eau coule .Enfin rester le dos coller sur le bouton

Grande découverte du jour : mes Converse sont officiellement en fin de vie .

La symphonie des ronfleurs me lasse .

9h. Berlin sous brume .

Cap sur le Spreepark, ancien parc d’attractions de la RDA : l’endroit est en travaux . Une réouverture en 2026.

5 km de marche le long de la Spree, à admirer des habitations flottantes bricolées avec planches, bâches et…Une parenthèse poétique dans cette mégalopole. L’audace de la découverte, le besoin d’insolite… et cette manie chronique de toujours éviter les sentiers battus.

Passage obligé par la nouvelle synagogue. Mon auberge est à 200 mètres. Photos interdites, mais audioguide indispensable . Une très belle découverte.

Puis Friedrichstraße, je me perds dans un cimetière. Rien à voir avec les nôtres : ici, il y a de la vie. Oui, dans un cimetière. Se reposer au bord d’un arbre .

La fatigue commence à négocier sérieusement avec ma motivation. Et la nuit : 16 h c’est trop .

Retour stratégique à l’auberge.

Bonne nouvelle : deux « super ronfleurs » ont quitté les lieux.

Mauvaise nouvelle : numéros 3 et 4 sont toujours.

Mon colocataire a eu la même brillante idée que moi : repos dominical.

Andreas et moi tentons donc une discussion. Sujet: Bundestag.

Problème mineur : ses tics, ses secousses de tête, ses petits cris et une barrière de la langue Vive le traducteur .

18h30 la flemme. Ce soir c’est auberge .

C’est curieux une auberge de jeunesse.S’habituer à des nouveaux visages, de nouvelles manières de parler, de nouvelles odeurs, de nouveaux rituels de vie en commun.Le rythme de tous notamment la nuit …

Après 13 nuits, ce soir, nouveaux : coloc… mais dans un train . Le progrès, quoi.

Départ auberge 10h Hauptbahnhof, repérer un casier (locker) relève du défi, surtout avec les pickpockets aux aguets.

Après 10 jours ici, je réalise que chaque bouteille en plastique me coûte 25 centimes de plus. La taxe ecolo.

Musée d’art moderne : j’y vais systématiquement, par principe. Je n’y comprends toujours rien, mais je persévère. C’est sûrement ça, l’art.

Petit détour par Kreuzberg, quartier, alternatif, mais avec un inconfort alimentaire qui transforme la balade en épreuve de survie pendant quelques longues heures.

Derniers achats, puis le train. Aujourd’hui, l’odeur de la rue s’invite partout, sans billet. Il fait froid . Les habitants du dehors cherchent un peu de chaleur, moi aussi.

18h, arrivée à la gare. Mon train part à 20h53. Parfait, seulement presque 3 heures d’avance. Quand il fait froid, le temps, lui, prend son temps.

Demain autre endroit

Train de nuit Berlin–Zurich. Une aventure, vraiment.

Jouer à Tetris avec les valises : validé. Le ronronnement du train en fond sonore, j’adore .

La dernière fois que j’ai pris ce genre de train, je faisais 20 kg et 30 ans de moins et tout semblait incroyablement simple. Les couloirs étaient larges, les couchettes accueillantes, et mon corps coopératif. Une autre époque.

Oublions le froid de la nuit. Enfin… essayons.

1 h : je sors le sac à viande de mon sac pour grappiller quelques degrés.

2 h : j’enfile les chaussettes d’hiver offertes par ma fille… et mon manteau en guise de couverture.

4 h : un enfant hurle dans le couloir.

6 h : trois coups secs sur la porte. La douane. Réveil express

7 h : nouveau coup sur la porte. « Frühstück ». L’allemand sonne toujours très autoritaire au réveil.

8 h : encore la même chose .

Le FlixBus, finalement, est moins surprenant.

Cela dit, la position couchée pour ces 12 heures de trajet reste… savoureuse. Et puis, luxe ultime : on peut même prendre une douche dans le train de nuit.

9h: Gare de Zurich : sac en consigne 8 CHF.

Café : 6 CHF.

À ce stade, je pleure déjà la Suisse.

Après un tour IMMENSE de Zurich (12km), je décide de faire une pause bien méritée chez Starbucks. Moment de repos, café hors de prix.

Et là… geste fou

Je veux connecter mon téléphone avec mon appareil photo en Wi-Fi.

Je clique sur FORMATER.

J’appuie. Fatiiiiiiiiiiiiigue

PLUS AUCUNE PHOTO

Adieu souvenirs, Zurich n’existera pas sur mon réseau

À la place ce sera la collection de "United Buddy Bears" de Berlin

16h05 je suis dans le bus je rentre