Sicile juin 2026
J19… ou comment survivre à une nuit de ferry et perdre progressivement toute dignité.
Quelle expérience absolument folle cette nuit.
Je sympathise avec une Italienne qui m’explique, avec passion , l’intégralité de la Sicile, sa gastronomie. Avec la barrière de la langue, je ne comprenais théoriquement rien. Pourtant, j’ai tout compris.
Au loin, un feu d’artifice illuminait les pentes du Vésuve: départ royal.
Et puis les mouettes…
Incroyable spectacle. Une véritable chorégraphie aérienne, portées par les remous et le vent du bateau. Magnifique. Mémorable. Extraordinaire.
Et puis il y a l’envers du décor une nuit allongé sur trois fauteuils, dans une position 🤔. Réveil programmé toutes les 30 minutes par mon corps. J’ai fini par sortir tout mon équipement de survie : sac à viande, coupe-vent, pull, deux serviettes… La climatisation était froide. Très froide🥶🥶🥶.
Persuadé d’arriver à 7 h, je vois soudain tout le monde s’agiter à 6 h. Là, panique. Puis illumination : mais oui, nous sommes arrivés !
Palerme, 7 h du matin, eh non 6h30
Découvrir une ville à cette heure-là, c’est voir l’envers du décor: l’agitation qui démarre, les camions qui déchargent, les rues qui s’éveillent… les déchets, le bruit..
Il faut meubler jusqu’à l’ouverture de l’auberge 14h,alors je marche.
10h déjà 10 kilomètres au compteur.
Je vais de café en café cause de déshydratation .Du coup mon vocabulaire italien progresse:Bagni.? Servizi?
Étrangement, ce sont les deux mots dont j’ai le plus besoin ce matin ( et caffè doppio ☕️).
Le problème, c’est qu’il faut attendre 14 h pour l’auberge une éternité.
Après tous ces kilomètres, je me dis : « Tiens, si j’allais à Cefalù en train ? »: Train complet.😭
Plan B : McDo et bus touristique.
Le trajet n’est pas terrible, mais au moins je suis assise, ce qui devient un luxe.
13 h 30.: Je récupère mon sac.(15 euros😭😭😭).
Je suis ensuite obligée de faire une halte stratégique dans le café le plus improbable du quartier pour une urgence que la décence m’interdit de détailler… coup de ces arrêts : 20 balles la journée : adieu portefeuille et dignité 😭😭.
14 h.Enfin l’auberge.Et là…Je touche le fond. Le dortoir ressemble à ? 😭😭 La salle de bain en constante inondation . Le papier toilette ( important ce jour ) est distribué avec une parcimonie à cause du bidet 😭😭😭. La clé n’ouvre pas
Et moi qui pensais que le plus dur de la journée était derrière moi…
17h. Comme le jardin botanique est juste en face de mon auberge, je me dis que c’est une excellente idée. 8 euros plus tard, je commence sérieusement à envisager d’ouvrir une cagnotte Leetchi.
Je ne suis plus sous 40 degrés écrasants, mais à peine 10 de moins.
Quelques mètres plus loin,: le même parc. Gratuit. 😱😭. Avec des mariés en plus ..,
Trop c est trop je file à Lidl et je terminé cette journée 🫣




























































J20….Meilleure nuit depuis 20 jours. Comme quoi, même une auberge comme celle-ci peut cacher une literie incroyable . Le bâtiment et les locaux sont à revoir, mais le matelas 😍.
Se mettre en mouvement me demande un effort surhumain,sous cette température, le simple fait d’aller prendre une douche relève de l’exploit. Enfin… aurait été un l’exploit si la douche avait fonctionné. 😰😭
À 11h30, me voilà dans l’un des petits paradis siciliens : Sferracavallo. Demi-allongée sur les rochers, seule avec mon sac à dos et mon masque, je contemple la mer. Puis je décide d’y entrer. Excellente idée. Et là, dans l’eau, c’est la chute. Mais alors une chute… 😱😂😂 Mon ostéopathe va probablement pouvoir financer ses prochaines vacances grâce à moi.
Je retourne déjeuner à l’auberge en longeant les commerces de gros et réalise l’immense supercherie des souvenirs de voyage. Pourquoi ramener un magnet fabriqué à 8 000 km ?
Direction ensuite le marché de Ballarò. S’il y a une chose à faire à Palerme, c’est bien celle-là. Des kilomètres d’odeurs mêlant poisson, grillades et friture. Du fast-food à perte de vue. Une expérience olfactive qui hésite constamment entre le paradis et l’agression sensorielle.
Puis je file vers mon magasin préféré et tombe, par hasard, sur la Gay Pride de Palerme. Et là… quelle claque. Une ambiance dingue. Des couleurs partout, une musique qui fait vibrer le sol, des milliers de personnes qui chantent ensemble. J’avais déjà vu les Gay Pride d’Amsterdam et de Copenhague, mais ici c’est un autre niveau. J’ai même chouiné. Oui, moi. L’Italie possède ce talent agaçant de me provoquer des émotions incontrôlables .😍🙃.
Après 15 km dans les jambes, je fais un détour pour rentrer à l’auberge et découvre un endroit incroyable : une sorte de campagne cachée au milieu de la ville.
Demain, je marche encore🤪.


































































J21. Il est temps d’en profiter…
Direction Cefalù. À 10h04, le train tombe en panne. 😱 Bon, j’arrive quand même.
La traversée en train est magnifique : montagnes, verdure, Cefalu mer translucide à turquoise… une carte postale. Pourtant, je peine à m’enthousiasmer. Entre les milliers de parasols et les serviettes de plage format 4 m2, mon petit sac n’a même plus droit à son petit coin👎🥺..
Café 10h30, je commande un doppio et j’observe. Le sable est blanc, l’eau est superbe, fraîche et peu profonde sur des kilomètres. Je découvre: vendeurs de coco, de licornes gonflables, de flamants roses, de serviettes géantes et même de massages thaï. Un concept.
Après mes traditionnelles bananes, quelques tranches de mortadelle et de fromage local, je goûte enfin la fameuse brioche à la pistache : une merveille 🤩.
Depuis la terrasse du bar, j’observe la plage puis tente de m’installer. Je me fais chasser par des vacanciers qui occupent la moitié du littoral. Je joue la touriste qui ne comprend rien et m’assois quand même.
Et puis, comment résister à une eau aussi translucide ?
Retour à l’auberge. Je veux prendre une douche sans transformer les lieux en piscine. Ma colocataire me conseille une troisième salle de bain. Excellente idée… jusqu’à ce que la porte refuse de s’ouvrir. Me voilà enfermée.
J’inspecte les lieux, grimpe sur le bidet pour trouver une issue. Mauvaise idée : le bidet casse😱😭😭. Résultat : pied en sang. 😱
Papier toilette en guise de pansement, j’appelle à l’aide. Mon hôte ouvre la porte, contemple le désastre, choquée elle va chercher…. de l’ibuprofène, j’ai toujours pas compris 🫡.
Direction la pharmacie, PQ et scotch au bout du pied. Pas de Steri-Strips. La pharmacienne veut me vendre un litre d’eau oxygénée. Je refuse. Elle me répond : « Lidl, moins cher. »🤔🤔. Pas de désinfectant, pas de pansement, pas de conseil😭😭😭🤩. Me voilà donc, pied en sang, en train de faire mes courses chez Lidl. 😱😱😱
Retour à l’auberge. Il est 17h. Je suis vexée, désolée pour bidet, dignité à zéro … et j’avoue que je ne sais plus trop quoi faire de cette journée🥺série Netflix après appel à l’homme🫣☹️😢.
Alors, à ceux qui envient cette aventure de voyageuse solo…
Oui, il y a les photos de mer turquoise, et les villages de carte postale.
Mais voyager seule, c’est parfois vivre ces catastrophes en tête-à-tête avec soi-même. Pas de témoin pour confirmer que tout cela est réel. Pas de copain pour rire de la situation .
Juste toi, ton sens de l’humour et une capacité grandissante à te demander : « Mais pourquoi je fais ça déjà ? »
C’est aussi avaler des kilos de bananes et de compotes de pommes pour préserver le budget, manger assez de mortadelle pour devenir ambassadrice officielle de la charcuterie italienne ( 4 tranches 1 euros 29), dormir peu, marcher beaucoup et compter chaque euro.
C’est dépenser des fortunes en toilettes publiques, laisser des dizaines d’euros dans les consignes à bagages.
C’est parfois se sentir seule au milieu de milliers de personnes. Et cinq minutes plus tard, se dire qu’on n’échangerait sa liberté pour rien au monde.
Bref, voyager seule, ce n’est pas seulement collectionner des souvenirs. C’est surtout collectionner des histoires tellement improbables . 😂😱






























J22… après une nuit… disons… mémorable 😵💫
Réveil en mode discrétion absolue. Au petit-déjeuner, je me fais toute petite. La porte de la salle de bain du bidet cassé indique : « condamnée nos excuses ».. et les miennes 😭😭🫣😭..
Direction Mondello, la plage incontournable de Palerme. Sur le papier, ça ressemble au paradis. Dans la réalité ? Il fait 30°C, bus 101: nous sommes une cinquantaine entassés dans ce premier bus non climatisé. Une expérience assez désagréable .🫡😭
Puis vient le deuxième bus. Et là, changement de niveau. Deux fois plus de monde, deux fois moins d’oxygène, du corps a corps, de la proximité charnelle imposée😭😭😭🫣J’arrive à Mondello avec la sensation d’avoir … oublions 🥺
Difficile de nier que la baie est magnifique. Bordée du mont Pellegrino, avec son eau turquoise l’eau est cristalline, d’un bleu presque insolent. Une vraie carte postale🤩🤩🤩🤩😍.
Mais la carte postale s’arrête un peu là.
Je suis seule, ce qui n’aide pas à apprécier l’endroit. Les vendeurs ambulants défilent en boucle : bracelets, lunettes, serviettes, boissons, coco, maïs, massages… Tout est à vendre. Je respecte leur courage sous cette chaleur, mais au bout du vingtième passage, j’en viens à les détester 😡.
La proximité entre les serviettes: insupportable, l’ambiance perd rapidement son côté idyllique. Finalement, cette plage n’a de paradisiaque que sa couleur.
Heureusement, je sais que je serai de retour à Dijon dans trois jours, alors je reste et j’essaie d’en profiter.
L’ennui s’installe, après une douche des plus banale, je file dans la ville.
Et là, je dois avouer que je ne me sens pas particulièrement sereine. Entre l’agitation permanente, certains regards un peu insistants, les rues parfois sales et les regards, toujours ces regards ☹️.
Palerme est fascinante, chaotique, vibrante, bruyante. On y trouve des palais décrépis magnifiques, des marchés qui débordent de vie, des scooters, une énergie permanente qui m’épuise au bout d’un mois seule.
Demain, mon ferry est à 21h. Autant dire que la journée risque d’être longue. Très longue. Je n’aurai probablement plus l’occasion de me baigner dans un endroit avec une eau aussi incroyable, alors malgré mes critiques, le retour à Mondello s’impose. Cette journée sera suffisamment longue pour que je finisse peut-être par acheter un bracelet, une paire de lunettes et une serviette citron aux vendeurs de Mondello. ( je n’oublie pas les commandes diverses de magnet et autre cucuteries… mais pas le temps)
Et puis m’endormir sur le ferry,avec le sel de la mer encore collé sur la peau, me rappellera mes 20 ans. À l’époque, c’était le signe d’une journée parfaite.










































J23… La dernière ici 👈
Je retiendrai de Palerme qu’elle rassemble probablement tout ce que l’Italie sait faire de plus déroutant. Le meilleur comme le pire. Le sublime et l’absurde. Le charme fou et l’envie de prendre le premier ferry pour repartir.
Sous une chaleur absolument accablante, je trouve finalement où poser mon sac : chez un Indien, tout au fond du dépôt.
Direction Lidl pour refaire les stocks : compotes et bananes 🍌. Le régime alimentaire officiel du voyage va prendre fin .
Aujourd’hui journée plage. Parce qu’avec 37 degrés, visiter des monuments = impossible.
Étrangement, aujourd’hui, le soleil semble avoir une dent contre moi. Pour mon dernier jour, je sens le souvenir durable sur ma peau😭😭😭. Je ne resterai donc pas très longtemps sur la plage.
Promenade dans le village. Mondello: étonnant. À certains moments, j’ai l’impression d’être à Saint-Raphaël. Les villas élégantes, la végétation méditerranéenne, les odeurs de pin chauffé par le soleil, les terrasses animées… Tout me renvoie à des saveurs de jeunesse que je croyais oubliées. C’est assez étrange comme certains endroits parviennent à réveiller des souvenirs sans même prévenir.
.L’heure du doppio dans le café du coin, vient l’étape du dessalage. Enfin, autant que possible.
Je retourne ensuite une dernière fois à Palerme. Une sorte de tournée d’adieu. Direction le marché d’El Capo pour quelques souvenirs de dernière minute. Et puis surtout un Cannoli pistacchio 😍.
Puis je poursuis vers le port. Enfin… j’essaie. Car le port est en travaux. Pourquoi faciliter les choses quand on peut ajouter quelques kilomètres de marche sous 37 degrés ? 🫣😭😭
Les rues défilent. La chaleur aussi. Je suis couverte de sable, de sel, de transpiration et probablement d’une fine couche de poussière sicilienne accumulée au fil des kilomètres. Mes sacs sont dans le même état: un mois de transport, traînés de bus en train, de bateau en plage et de trottoir en trottoir. Ils sont sales😱☹️.Je me fais pitié toute seule 😢.
La police du port m’envoie, au « Ticket Office » … de la marche encore 😢🫣😭😭.
Le lieu est climatisé 🤩le paradis existe. Une journée qui s’achève presque 😍






























J24…Hier soir, reclassement de dernière minute : une petite cabine avec douche. Après plusieurs jours de vie nomade, retrouver une vraie sensation de propreté frôle l’extase. 🤩🤩
Et ce ferry… Depuis que j’ai découvert l’application, soyons honnêtes : mes voyages vont désormais se faire avec un niveau de confort et d’organisation différentes. ⛴️
Une sublime rencontre au port hier soir m’a même donné l’envie très de revenir en Sicile, côté Syracuse. Comme quoi,… .
21h00
Direction le restaurant du bateau. Au menu : lasagnes au pesto. Enfin, « lasagnes »… disons plutôt une expérience culinaire composée de pâtes, de pommes de terre et de haricots verts. Mais pourquoi?😭😭
En attendant le départ sur le pont, j’admire le coucher de soleil entourée de farfadets qui semblent et leur magie. À force d’attendre, je commence sérieusement à croire que les licornes vont apparaître. 🦄✨
22h30… Elle arrive…Lumière à fond. Sandwich saucisson-pâté. Odeur… comment dire….Et moi qui pensais avoir une cabine tranquille… 😭😭👎👎👎
Je tente alors la carte du « je suis malade »😭😭ça ne marche pas.
1h39: La lumière de son téléphone en plein visage. Le jambon ouvert sur la couchette😡. Je ne dors plus.m
Toute la nuit : lumière, téléphone, allers-retours, porte qui claque… La reine des emmerdeuses avait visiblement réservé une cabine privée sans lire la petite ligne sur le respect d’autrui. 😡
Et dire que tout s’annonçait si bien…
5h30 Message d’arrivée…
Je file sur le pont. Capri se devine dans la lumière du matin, puis Ischia apparaît. Enfin un peu de beauté après cette nuit misérable.
8h15: Normalement, train direction Rome. Normalement.
Mais en ce moment, en Italie, il y a mouvement de grève. Alors on attend.
Le train finit par arriver. Clim réglée sur 19 degrés, évidemment. J’ai la chair de poule. 🐓
11h30: Retrouvailles avec la famille à Rome. Au menu : monuments, balade et gastronomie locale. Le grand luxe.
Direction les thermes de Caracalla… et là, petit bonus : un orage de grêlons gros comme des balles de ping-pong. Parce qu’une visite tranquille aurait été trop banale. ⛈️🏓
Après 17 km, cette dernière soirée en Italie sera donc placée sous le signe de la détente en famille.
Et franchement, après ma nuit sur le ferry, même un canapé moyen bref ce soir le top😍.




















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